De mars à septembre 2010, plusieurs institutions culturelles de La Rochelle et de Rochefort se mobilisent pour évoquer l’histoire de la traite négrière et de l’esclavage. Au-delà du devoir de mémoire lié à la journée du 10 mai, il s’agit, par une approche historique, d’appréhender des phénomènes complexes, dont l’écho se fait encore entendre dans notre patrimoine culturel.
Ce projet est porté par l’association ARCADD (Association Rochelaise de Coopération, d’Animation et de Diffusion Documentaire), qui réunit des établissements scientifiques et culturels de La Rochelle et de Charente Maritime.
Les partenaires du projet:
La Direction des Affaires culturelles de la Ville de La Rochelle
Les Archives municipales de la Rochelle
Les Archives départementales de Charente Maritime
La Médiathèque Michel-Crépeau
L’Université de la Rochelle : FLASH, Bibliothèque universitaire
Le Centre des monuments nationaux – Tours de La Rochelle
Les Musées d’Art et d’Histoire de la Rochelle
Le Service historique de la Défense
Le Théâtre du ballon rouge
Avec le concours de la Région Poitou-Charentes, du Département de la Charente-Maritime, de la Communauté d’agglomération de la ville de la Rochelle, de la Ville de la Rochelle, de la Maison Champlain à Brouage.
Conférence jeudi 1er juillet 2010 à 18 h 15
Archives départementales de Charente Maritime
Par Marcel DORIGNY, Maître de conférences à l’Université de Paris VIII, directeur de la revue Dix-huitième Siècle et président de l’Association pour l’Etude de la Colonisation européenne (1750-1850)
Fondée sur les résultats les plus récents de la recherche historique, cette conférence présente, sous une forme novatrice et synthétique, les différents aspects de l’esclavage, de la traite et de leurs abolitions ; autant de phénomènes complexes que les cartes et les graphiques permettent de comprendre dans leur globalité.
Spécialiste du sujet, Marcel Dorigny est l’auteur, en collaboration avec Bernard Gainot et Fabrice Le Goff, d’un Atlas des esclavages paru en 2006 aux éditions Autrement.
Service Historique de la Défense(Rochefort)
Le jeudi 17 juin 2010 à 18h
Même si Rochefort n’est qu’une ville secondaire de la traite négrière française par comparaison avec ses puissantes voisines atlantiques de Nantes, de La Rochelle et de Bordeaux, son port fut tout de même le point de départ d’une vingtaine d’expéditions de ce type pour l’Afrique. La cité charentaise est ainsi le port de guerre royal qui a connu la plus grande activité dans ce domaine en France (si l’on met à part le cas de Lorient, resté très longtemps le port de la Compagnie des Indes avant d’appartenir au roi de France).
La journée du 10 mai 2010 à La Rochelle
Voici le programme des manifestations organisées lundi 10 mai à La Rochelle:
— Inauguration de l’Exposition « Etre noir en France au XVIIIe siècle » au Musée du Nouveau Monde.
17h30 — Cérémonie officielle à l’occasion de la Journée nationale de commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions, Allée Aimé Césaire – Parc d’Orbigny – avec la participation des élèves de l’école élémentaire Bernard Palissy , de Magali Zsigmond et de l’association Mémoria.
18h15 — Conférence « Mémoire et patrimoine transatlantique : de La Rochelle à Haïti » par Jacques de CAUNA, aux Archives Départementales de la Charente-Maritime.
20h00 — HANNAH CRAFTS, mémoire d’une esclave noire par le Théâtre du Ballon rouge, en extérieur au Muséum d’histoire naturelle.
— Lecture du Code Noir à travers la ville par le Théâtre du Ballon rouge.
20h30 — Film documentaire de Didier ROTEN « Vers la seconde abolition de l’esclavage dans les colonies françaises 1802 – 1848 » à la FLASH, en présence de l’historien Bernard Gainot.
Exposition – Archives départementales de Charente Maritime
Du 10 mai au 10 septembre 2010

Selon les estimations des historiens, quatre cent vingt-sept navires négriers sont partis de La Rochelle au XVIIIe siècle. Ils ont chargé environ cent trente mille captifs en Afrique, à destination des colonies de l’Amérique et principalement de Saint-Domingue. La brutalité des chiffres, la simplicité apparente des schémas représentant le circuit triangulaire de la traite, la figure emblématique des armateurs ne doivent dissimuler ni la complexité du processus ni la multiplicité des intervenants.
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Lieux de mémoire, Mémoire des lieux. Sur les traces de la traite négrière et de l’esclavage
Exposition de Philippe Monges
Du 10 Mai au 10 Juillet 2010
La Rochelle, Allée Aimée Césaire – Parc d’Orbigny – Parc du Casino
L’exposition photographique de Philippe Monges, « Lieux de mémoire, mémoires des lieux – sur les traces de la traite négrière et de l’esclavage » investit l’Allée Aimé Césaire du Parc d’Orbigny / Parc du Casino, du 10 mai, journée commémorative de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions en métropole, au 10 juillet 2010.
Médiathèque Michel-Crépeau
Vendredi 28 mai 2010 à 18h
La traite négrière s’inscrit dans le vaste système de l’économie atlantique. Dans cette première mondialisation la France visait la suprématie économique en Europe. La Rochelle y a joué un rôle important en dépit des contraintes géographiques qui ne lui ont jamais été favorables, et qui l’ont empêchée de participer à la traite clandestine comme les autres ports négriers qui n’ont pas hésité à transgresser la loi internationale.
Historien, auteur d’ouvrages de référence sur la traite des Noirs et l’esclavage, Jean-Michel Deveau vient de publier Le retour de l’esclavage au 21è siècle aux éditions Karthala.
Médiathèque Michel-Crépeau
Vendredi 23 avril à 18h
Journaux de bord, livres de comptes, correspondances entre capitaines et armateurs de navires négriers… La confrontation de différentes sources permet de faire le récit de plusieurs expéditions de traite, sur des bateaux armés à La Rochelle : Le Solide, La Reine de Podor, L’Amitié, Le Comte de Jarnac.
A travers la présentation de documents conservés aux Archives départementales et au fonds ancien de la Médiathèque, il s’agit de découvrir comment l’histoire de la traite négrière peut-être écrite.
Par Benoît Jullien, Directeur des Archives départementales de Charente Maritime et Muriel Hoareau, Conservateur responsable du patrimoine à la Médiathèque Michel-Crépeau.
Les Archives municipales de La Rochelle viennent de mettre en ligne sur le site de la Ville des documents en lien avec la traite négrière. Il s’agit essentiellement de journaux de navigation ou de traite rédigés dans la seconde partie du XVIIIème siècle (1772-1791).Ces documents concernent 5 navires : le Roy Dahomey, la Suzanne-Marguerite, la Créole, le Pactole et l’Isle de France.
Pour consulter ces documents historiques exceptionnels, cliquez ici.
Exposition “Les Lumières et l’esclavage”
Médiathèque Michel-Crépeau
Du 23 avril au 3 juin 2010
Cette exposition propose de lire ou relire les textes des philosophes des Lumières, mais aussi différents écrits de leurs contemporains contre l’esclavage, en les replaçant dans leur contexte. Au vu de documents iconographiques et de livres du XVIIIè siècle, il s’agit de comprendre la perception que pouvait avoir un Européen du 18è siècle du phénomène de l’esclavage, et de re-situer les enjeux économiques et politiques liés au colonies, à l’esclavage et à la traite.
Dans cette perspective, l’audace de la pensée et des écrits des Lumières transparaît ; l’engagement de Rousseau, Voltaire, Diderot, Montesquieu, mais aussi de Raynal ou de Condorcet, la force politique de leurs écrits, parfois-même leur caractère subversif, apparaît dans le contenu, mais aussi dans la forme des livres qu’ils publient : la plupart des textes des Lumières ont en effet été édités et imprimés à l’étranger, parfois anonymement.

"Un anglais de la Barbade, vend sa Maîtresse", illustration extraite de T.G. Raynal, Histoire des deux Indes...., 1780
A côté de ces textes à portée juridique, politique et philosophique, il faut aussi mentionner des textes littéraires qui, à travers les personnages noirs qu’ils mettent en scène, apportent leur contribution à la défense des droits de l’Homme. Les personnages noirs des romans de Voltaire, de Louis Sébastien Mercier, sont des figures littéraires qui accèdent à la liberté et à l’égalité.
Il est intéressant de rapprocher ces textes et ces figures des personnages historiques emblématiques de la lutte contre l’esclavage – dont le plus célèbre reste Toussaint Louverture, contemporain des Lumières. Car même si les traces qu’il en reste sont ténues, et les témoignages parfois indirects ou plus tardifs, l’expression de la lutte contre l’esclavage provient aussi et avant tout, dès le 18è siècle, des esclaves eux-mêmes.
Des visites pédagogiques (primaire, collège, lycées) sont possibles; les enseignants peuvent contacter la Médiathèque Michel-Crépeau au 05 46 45 71 71
Lectures musicales autour de “Cahier d’un retour au pays natal” de Aimé Césaire du 15 au 23 mars 2010
La Rochelle (différents lieux) – du 15 au 23 mars 2010

Du 15 mars au 23 mars 2010, le Théâtre du Ballon Rouge présente des lectures musicales autour de “Cahier d’un retour au pays natal” de Aimé Césaire, dans les appartements, maisons, lieux patrimoniaux, établissements scolaires, espaces collectifs, quartiers ou centres villes.
Avec trois comédiens-musiciens, Serge Mamadou, Adama Dembelé et Jean-Baptiste Azéma. Lire la suite…
Les 19 et 20 mars 2010, l’Université de la Rochelle organise un colloque autour des problématiques liées à la protection et à la valorisation du patrimoine issu de l’esclavage.
Vingt intervenants de métropole ou d’outre-mer sont invités par l’Université de La Rochelle à débattre sur ces thématiques: conservateurs, universitaires, enseignants, réalisateurs de films, représentants d’associations…
«L’infâme trafic » : La Rochelle, l’Aunis et la Saintonge au temps des négriers Ouvrage collectif
Ouvrage collectif publié sous la direction de M. Augeron et O. Caudron, à l’occasion des rencontres “Mémoires de l’esclavage: enjeux, discours, médiations”.
Richement illustré, ce recueil de 25 contributions paraîtra en avril aux éditions Les Indes Savantes.
Exposition à l’antenne de Rochefort du Service historique de la Défense
Du 15 juin au 30 septembre
Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 17h15, et pour les Journées du Patrimoine

Si la traite atlantique française est le fait de la marine du commerce, elle n’aurait jamais pu tant se développer sans le soutien politique de l’Etat et de la marine de guerre.
L’exposition cherchera ainsi à montrer dans un premier temps de quelle manière la Marine et son administration ont pu favoriser le commerce de la traite : prêt de navires, exonération de taxes, versement de droits… Le thème de la participation d’officiers de la Marine à des opérations de traite sera plus particulièrement développé.
Les bouleversements politiques de la fin du XVIIIe siècle en France et les évolutions étrangères (abolition de la traite en Angleterre en 1807) modifient totalement le contexte entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle. A la fin des années 1810, la traite est définitivement déclarée illégale en France. L’application de cette décision sera plutôt lente à venir, mais la Marine jouera un rôle décisif dans la lutte contre la traité illégale. L’exposition insistera ainsi sur le rôle joué par les navires faisant la chasse aux bâtiments négriers et les stations navales françaises.
HANNAH CRAFTS – par le Théâtre du ballon Rouge
Muséum d’Histoire Naturelle – La Rochelle – du 10 au 16 mai 2010
Tous les soirs à 20 heures, sauf dimanche 16 mai à 15 heures.

Ecriture et Mise en scène / Dany Martinez – Costumes / Blandine René – Avec : Ivola Pounembetti, Jean Baptiste Azéma, Jean Yves Lissonnet, Raphaël Mahé, Adama Dembélé – Technique : Philippe Marliangeas.
…Au cours des années 1850 est retrouvé un manuscrit signé d’une certaine Hannah Crafts sous l’intitulé The Bondwoman’s Narrative, by Hannath Crafts, a fugitive Slave, Recently Escaped from North Carolina. – Il se composait de 301 feuillets reliés par de la toile. On le supposait en provenance du New Jersey et semblait suggérer que la narratrice elle-même avait vécu cette expérience. Si elle était noire, alors ce « récit d’esclavage romancé » – un roman autobiographique relatant la vie d’une esclave en caroline du Nord et sa fuite vers la liberté – serait une découverte majeure, peut-être le premier roman jamais écrit par une Noire et sans aucun doute le premier écrit par une ancienne esclave…
C’est ainsi qu’une controverse a entouré la découverte du manuscrit « d’autobiographie d’une esclave » et bien des recherches ont été engagées autour de l’authenticité de ce roman par des dizaines de spécialistes et de généalogistes pour cerner l’identité de l’insaisissable Hannah Crafts.
Activités pédagogiques
L’association ARCADD prépare une exposition itinérante pour l’année scolaire 2010-2011.
Pour organiser une visite de classe dans l’un des établissements partenaires, vous pouvez contacter directement leurs services éducatifs.
Monuments et cinéma
Les 8 et 9 mai, le Centre des Monuments nationaux présente en boucle, dans la Tour de la Chaîne, trois films de 12 minutes réalisés par les étudiants de master professionnel « Tourisme et patrimoine » de l’université de La Rochelle : « Armateurs et négriers », « Traite et patrimoine », « La Louisiane » (21H30-23H30)
Etre noir en France au XVIIIè siècle
Musée du Nouveau Monde
du 21 avril au 12 juillet 2010

Le Code Noir, recueil d’édits paru en 1685, réglemente la vie des esclaves noirs dans les îles françaises et la Guyane et ses articles concernant les enfants d’esclaves, les métis et les châtiments sont bien connus. On connaît moins en revanche les conditions d’existence des Noirs sur le sol métropolitain et les raisons de leur présence. Esclavage, immigration, rejet ou intégration… cette nouvelle exposition du Musée du Nouveau Monde à La Rochelle nous donne l’occasion, à travers tableaux, sculptures, estampes et documents d’archives de découvrir un volet méconnu de notre histoire et de s’interroger sur le contexte et le résultat de cettepremière immigration de couleur. Une histoire ancienne peut-être mais qui donne à réfléchir et à comprendre et nous renvoie à une actualité frémissante à l’heure des débats sur l’identité nationale. Lire la suite…








