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Etre noir en France au XVIIIè siècle

29 janvier 2010

Musée du Nouveau Monde
du 21 avril au 12 juillet 2010

Le Code Noir, recueil d’édits paru en 1685, réglemente la vie des esclaves noirs dans les îles françaises et la Guyane et ses articles concernant les enfants d’esclaves, les métis et les châtiments sont bien connus. On connaît moins en revanche les conditions d’existence des Noirs sur le sol métropolitain et les raisons de leur présence. Esclavage, immigration, rejet ou intégration… cette nouvelle exposition du Musée du Nouveau Monde à La Rochelle nous donne l’occasion, à travers tableaux, sculptures, estampes et documents d’archives de découvrir un volet méconnu de notre histoire et de s’interroger sur le contexte et le résultat de cettepremière immigration de couleur. Une histoire ancienne peut-être mais qui donne à réfléchir et à comprendre et nous renvoie à une actualité frémissante à l’heure des débats sur l’identité nationale.
Le Code Noir, recueil d’édits paru en 1685, réglemente la vie des esclaves noirs dans les îles françaises et la Guyane et ses articles concernant les enfants d’esclaves, les métis et les châtiments sont bien connus. On connaît moins en revanche les conditions d’existence des Noirs sur le sol métropolitain et les raisons de leur
présence. Apprentis, domestiques, curiosités ou parfois – mais rarement – membres de la bonne société, ils ont été quelques milliers à travailler en France et parfois à s’y fixer. Dès la fin du XVIIe siècle, il est de bon ton dans les plus hauts niveaux de la société d’avoir auprès de soi un négrillon faisant office de page mais on prise aussi leurs talents de perruquier ou de cuisinier.
Concentrés à Paris pour 75% d’entre eux, dans les grands ports de la façade Atlantique et dans une moindre part à Marseille, ils arrivent asservis des Antilles ou directement d’Afrique. Pourtant, « La France, mère de liberté, ne permet aucun esclave » sur son sol, d’où une politique de limitation des entrées dans le royaume mais aussi de libération dans le meilleur des cas. A partir du milieu du XVIIIe siècle pourtant, la méfiance s’étend indifféremment à tout homme de couleur, qu’il soit esclave ou affranchi. Une politique répressive se met en place interdisant les mariages mixtes, limitant les droits de séjour, organisant les rapatriements aux Antilles avant que la Révolution ne rende caduques ces réglementations le 16 pluviôse an II (4 février 1794). Liberté pour tous et libre accès au sol français n’auront pourtant qu’un temps, très bref : dès 1802 Napoléon Bonaparte interdit aux Noirs et aux mulâtres de venir en métropole et rétablit l’esclavage.
Du nègre Paul appartenant au grand marchand orléanais Thomas Desfriches au musicien Joseph Bologne, chevalier de Saint-Georges fréquentant les meilleurs salons parisiens, l’occasion sera donnée à travers tableaux, sculptures, estampes et documents d’archives de découvrir un volet méconnu de notre histoire et de s’interroger sur le contexte et le résultat de cette première immigration de couleur.
L’exposition s’appuie sur le commissariat scientifique d’Erik Noël, auteur d’Etre noir en France au XVIIIe siècle publié en 2006 aux éditions Taillandier et s’inscrit dans un ensemble de manifestations produites par l’Université, les Archives départementales, les services culturels de la ville de La Rochelle et les archives de la Marine de Rochefort à l’occasion de la journée commémorative du 10 mai 2010.

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2 commentaires leave one →
  1. 21 mars 2010 10:30

    Bonjour,

    Bravo pour le travail de mémoire que vous avec entamé sur ce site.

    Je me permets de vous signaler la présence en ligne, sur mon site Histoire Passion de plusieurs documents des 17ème, 18ème et 19ème siècles sur le commerce triangulaire entre la Rochelle, les côtes d’Afrique et les Iles.

    On y trouve le rôle des eaux-de-vie charentaises dans ce commerce, l’action difficile des hommes politiques contre les lobbies du commerce et de la viticulture, ainsi que la « mode » qui consistait, pour quelques fortunés, à exhiber leur esclave de couleur dans les lieux publics charentais (et ailleurs), et à les faire évaluer, lors des successions, avec les autres meubles de la maison.

    Un temps pas si lointain, dont il faut garder la mémoire, et des pratiques toujours renaissantes dans un monde où le profit règne en maître.

    J’ajoute votre site dans les sites référencés par Histoire Passion

    Cordialement.

    Pierre Collenot
    Créateur du site Histoire Passion

  2. BOUTET Henri permalink
    11 avril 2010 07:41

    Bonjour
    Depuis longtemps engagé dans des partenariats sur Haïti au sein de Caritas -Jérémie, Laborde etc..) j’ai pu dans les diverses animations que je fais suite au séïsme mesurer l’intérêt pour ce pan de notre histoire que nous voudrions oublier.
    Il y a qq années la région nantaise avait travaillé ce sujet de l’esclavage, l’Aunis et la Saintonge en font un grand sujet.
    Songez que le musée de la marine à Nantes offre la panoplie complète de ce qui était le fameux trafic du bois d’ébène.. c’est à visiter.
    Courage et soutien

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